Réforme des retraites, un système universel pour plus de justice sociale

L’obstruction parlementaire dont fait preuve l’extrême gauche participe à cette politique spectacle inutile. Pendant ce mauvais concours d’éloquence proposé par les députés de l’extrême gauche, le parlement est empêché de débattre sur le fond des articles qui vont durablement améliorer notre système de retraites par répartition et ceci dès 2022 pour certaines catégories de français. Lundi 24 février, à 9h00 il restait près de 33 800 amendements à examiner (sur 44 000 déposés), en gardant notre rythme de travail (12 heures par jour 7 jours sur 7) dans 6 mois nous serons toujours dans l’hémicycle pour discuter le texte. Pourtant, la très large majorité des parlementaires remplissent leur mission avec détermination pour que cette loi intègre de réelles opportunités d’égalité renforcée (pénibilité, âge de départ, MICO…).

Un calendrier serré

Cette réforme des retraites vise une mise en place opérationnelle pour les nouvelles générations dés 2022. Cependant, pour que ce soit le cas, la Caisse nationale, les ordonnances, les programmes informatiques… tout le travail de mise en place doit avoir lieu en 2021.

Aujourd’hui : un système de retraite qui cache plusieurs réalités

Depuis plus de cinquante ans, nous pouvons être fiers de notre système de retraite qui a permis d’améliorer le niveau de vie de nos aînés. Cependant, le monde n’est pas le même aujourd’hui :  la démographie, l’éducation et les révolutions technologiques successives ont profondément affecté le monde du travail et mettent aujourd’hui à l’épreuve ce système et nous oblige à le repenser pour y réinjecter de l’égalité sociale et assurer son financement sur le long terme.

Nous comptons aujourd’hui 42 régimes différents, organisés par profession et par statut. Chaque régime ayant ses propres règles, les droits ne sont donc pas les mêmes pour tous les Français lorsqu’ils partent à la retraite. Cette multiplicité des régimes empêche une lisibilité correcte. Par ailleurs les dispositifs de retraite du secteur publique et du secteur privé sont différents et renforcent les inégalités.

Le système actuel est dépassé. Il n’est plus adapté à la réalité du monde du travail et aux changements de métier. Il n’a pas résolu le défi de l’augmentation de l’espérance de vie dont le poids de la retraite sur les actifs s’accentue. En effet, on comptait 2,8 actifs pour 1 retraité en 1990. Ce ratio s’élève à 1,7 aujourd’hui et sera de 1,3 en 2070.

Le futur régime en quelques mots

L’objectif de cette réforme est d’instaurer une redistribution massive vers les retraités aux pensions les plus faibles, aux carrières peu ascendantes et aux carrières heurtées. Elle garantira notamment :

  • Une pension minimale à 85% du SMIC, pour une personne ayant travaillé toute sa vie, même à temps partiel si elles répondent aux conditions de la carrière complète ;
  • Une revalorisation dès 2022, avec une pension minimale garantie à 1000 € par mois, puis à 85% du SMIC en 2025 pour une carrière complète au SMIC ;
  • Une contribution solidaire supplémentaire pour les hauts revenus (+120k€).

En remplacement des 42 régimes existants, le futur système garantira des règles identiques pour tous dans lequel un euro cotisé vaudra toujours la même chose, quel que soit le statut salarié du privé, indépendant ou fonctionnaire.

Le texte prend également en compte une dimension primordiale : l’égalité entre les femmes et les hommes, déclarée grande cause du quinquennat du président de la République. En effet, le régime proposé sera plus juste envers les femmes. Aujourd’hui, les femmes ont en moyenne une pension inférieure de 42% à celle des hommes (30% si l’on intègre la réversion). Pour mettre fin à cela, les congés maternité seront compensés à 100M% ou encore des points accordés pour chaque enfant, et ce dès le premier.

Pour répondre aux nouvelles formes de précarité, nous voulons un système plus protecteur qui répondra aux situations de temps partiel subi et aux carrières hachée  par exemple :

  • Suppression de l’âge d’annulation de la décote, qui contraint aujourd’hui les personnes à qui il manque des trimestres d’attendre 67 ans pour liquider leur retraite. Elles pourront partir jusqu’à 3 ans plus tôt. 20% des femmes sont concernées.
  • Des points acquis dès la 1ère heure travaillée, alors qu’aujourd’hui aucun droit n’est ouvert si on travaille moins de 150h/trimestre
  • Les trous de carrière compensés (maladie, chômage, invalidité, etc.)

Les Français pourront continuer à partir 62 ans, comme aujourd’hui. Le régime instaure un mécanisme incitatif pour encourager les Français à partir plus tard : la pension à taux plein sera obtenue à l’âge d’équilibre, qui sera fixé par le conseil d’administration du système universel, et évoluera à défaut en prenant en compte l’évolution de l’espérance de vie.

Enfin, concernant le « point », chaque Français aura accès à son compte de points, et pourra savoir à tout moment où il en est de sa retraite future ce qui facilitera la lisibilité. Le projet de loi donne expressément la garantie que la valeur du point ne pourra pas baisser.

Avec l’article 1 adopté lundi 24 février, nous proposons

✅La garantie d’un niveau de vie satisfaisant et digne aux retraités

✅ La prise en considération du rôle des aidants dans le nouveau système

✅ La prise en considération des personnes en situation de handicap dans le nouveau système

✅ L’inscription d’un objectif de confiance des jeunes générations dans la garantie de leurs droits à retraite futurs

✅ L’inscription de la dimension solidaire des cotisations et contributions des assurés et des employeurs

✅ La prise en compte des gains de productivité dans le pilotage financier du système.

Nouvelle preuve que le débat sur le fond est indispensable et permet d’amender considérablement le texte du gouvernement.

A ce stade, ce que nous voulons c’est que le texte qui sortira, quelle que soit la procédure législative employée (49.3 à l’initiative du gouvernement ou pas), soit enrichi de tout le travail que nous avons produit. Le texte devra prendre en compte les avancées des négociations en cours avec les partenaires sociaux. Personne ne pourra dire que nous censurons les idées et les négociations.

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